<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	>

<channel>
	<title>Le blog de Damien</title>
	<atom:link href="http://damienparisse.wordpress.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://damienparisse.wordpress.com</link>
	<description>La Terre se découvre à pied</description>
	<lastBuildDate>Thu, 03 Dec 2009 14:11:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.com/</generator>
<cloud domain='damienparisse.wordpress.com' port='80' path='/?rsscloud=notify' registerProcedure='' protocol='http-post' />
<image>
		<url>http://0.gravatar.com/blavatar/83190777d3e2174e7951e198cd02f052?s=96&#038;d=http%3A%2F%2Fs2.wp.com%2Fi%2Fbuttonw-com.png</url>
		<title>Le blog de Damien</title>
		<link>http://damienparisse.wordpress.com</link>
	</image>
	<atom:link rel="search" type="application/opensearchdescription+xml" href="http://damienparisse.wordpress.com/osd.xml" title="Le blog de Damien" />
	<atom:link rel='hub' href='http://damienparisse.wordpress.com/?pushpress=hub'/>
		<item>
		<title>Tassili du Hoggar : les naufragés volontaires</title>
		<link>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/14/tassili-du-hoggar-les-naufrages-volontaires/</link>
		<comments>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/14/tassili-du-hoggar-les-naufrages-volontaires/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2009 21:03:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damienparisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://damienparisse.wordpress.com/?p=30</guid>
		<description><![CDATA[Immersion saharienne, randonnée d’esthète ou rêve de gamin ? La grande traversée du Tassili du Hoggar est un de ces trek rares qui conjuguent grande itinérance, onirisme et débauche de paysages spectaculaires. Le plateau devient un terrain de jeu sans limites, qui pourrait bien être le monde merveilleux des contes de notre enfance. On s’y [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=30&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Immersion saharienne, randonnée d’esthète ou rêve de gamin ? <strong>La grande traversée du Tassili du Hoggar </strong>est un de ces <strong>trek</strong> rares qui conjuguent grande itinérance, onirisme et débauche de paysages spectaculaires. Le plateau devient un terrain de jeu sans limites, qui pourrait bien être le monde merveilleux des contes de notre enfance. On s’y faufile dans des canyons étroits; on escalade de monstrueux éléphants; on serpente dans des labyrinthes aux formes étranges et si parfois l’on bute sur un cul-de-sac, on finit toujours par trouver une issue. La liste des merveilles tassilliennes est longue, chaque secteur a sa logique, réserve ses surprises.<br />
Malgré sa forte réputation, le <strong>Tassili du Hoggar</strong> est une zone finalement peu connue. Pour les guides, c’est un terrain bénit, sans cesse renouvelé et qui permet de poursuivre l’exploration. L’absence quasi-totale d’eau et de pâturages exclut généralement les chameaux et la logistique est alors assurés par un seul véhicule. La liberté y est totale d’improviser des variantes.<br />
Sur un axe nord est / sud ouest, la traversée peut se dérouler sur une, deux ou trois semaines, enchaînant les plateaux de grès noir, le franchissement d’oueds sablonneux et la découverte de sites pittoresques, aiguilles ruiniformes, canyons étroits, châteaux et tours déchiquetés ourlées de dunes, plaines de sables d’où surgissent des rochers fantasmagoriques, tour à tour champignons, éléphants ou bouddhas.<br />
<br />
<strong><span style="color:#993300;">Naufragés volontaires</span></strong></p>
<p>Partir randonner au Sahara sans chameaux ? Bivouaquer dans un oued sans blattérement comme musique d’ambiance ? Arriver au sommet d’un rocher sans chercher (même inconsciemment) la caravane ? L’idée paraît peu intéressante. Et pourtant… La sensation apparaît au petit matin du deuxième jour. Les chauffeurs qui nous ont amenés jusqu’à ce petit oued perdu se sont levés tôt. Alors que nous en sommes au premier café, mal réveillés d’une première nuit saharienne, ils nous saluent d’un geste, d’un éclat de rire « bon voyage, on revient dans 8 jours ». Les moteurs grondent et ils nous abandonnent là. C’est à ce moment précis que la réalité, l’immense réalité du Sahara nous envahit. Et la fragilité de notre petite troupe. Il n’y a plus là que nos bagages, des cartons de vivres, des jerrycans d’eau, un cuisinier et un chauffeur hilare. Et un Toyota sur qui repose tous nos espoirs. En haute-montagne, on appelle cela la « technique alpine ». Peu de matériel, donc peu d’inertie et beaucoup de souplesse. Inquiétant ? Voire… Plutôt de quoi stimuler les envies de découverte. La liberté d’agir, de répondre à l’éternelle question : qu’est-ce qu’il y a derrière la montagne ?Si la caravane est un navire qui permet de réaliser des traversées intercontinentales, notre Toyota sera un radeau qui se faufile entre les îles. Et en le quittant du matin au soir, équipés de gourdes en guise de bouées, nous avons la rare liberté de tailler notre propre chemin à travers les dédales du plateau, grisés par la quasi certitude d’écrire à chaque pas un nouvel itinéraire. Naufragés quotidiens et volontaires, euphoriques dans un univers à la stupéfiante beauté. Pourtant, à chaque fin d’étape sourd en chacun la question que personne n’ose poser : seront-ils au rendez-vous ?</p>
<p><strong><span style="color:#993300;">Pollution ?</span></strong><br />
Les nombreuses résolutions, chartes éthiques, coups de gueules et autres déclarations d’intention n’y font rien :les sites classiques et sur-fréquentés du Tassili du Hoggar(Youf Ahaket, Imberoum, Tin Akacheker, Tagrera…) sont toujours souillés. Malgré la réglementation du Parc National, des véhicules pénètrent dans les sites, des détritus sont éparpillés ou sommairement enfouis, des restes de feu abandonnés. Et l’on trouve d’autres témoignages organiques peu élégants sous chaque pierre. Les trouvailles sont fréquentes et décevantes, mais est-ce là une réelle pollution ? Dans notre regard occidental, certes la pollution visuelle est importante. Le papier toilette et les paquets de cigarettes qui s’accumulent au creux d’une dune, se dégradent lentement. Mais cela n’apporte aucune nuisance aux espèces qui survivent là, au contraire, les corbeaux font leur apparition sur le tassili avec les premiers touristes et regagnent Tamanrasset en fin de saison. Par contre, d’autres pollutions sont plus insidieuses et plus graves. Toucher ou photographier au flash des peintures néolithiques. Déplacer ou emporter des pierres taillées, des fragments de poteries, ce qui brouille les futures recherches archéologiques. Plus grave encore est la corruption (involontaire) que le tourisme opère sur les Touaregs, ceux qui travaillent dans ce secteur, chauffeurs, cuisiniers, guides : les cadeaux et pourboires inconsidérés, la séduction facile font des ravages dans cette société traditionnelle où l’infime minorité qui travaille au contact des touristes s’enrichit rapidement. Le décalage avec ceux qui vivent au campement ou se débrouillent en ville est énorme. Pire encore, dans le contexte de course aux prix bas, certaines agences locales ne paient pas les équipes, puisque les pourboires suffisent largement. Conscients de ces réalités, c’est à chaque voyageur de prendre ses responsabilités. Qui commence néanmoins par ne pas abandonner ses détritus.</p>
<p><strong><span style="color:#993300;">Un Tassili sans Touareg</span></strong></p>
<p>Le Tassili du Hoggar est une zone hyper-aride et n’est plus occupé depuis la fin du néolithique. La faune y est quasi absente excepté la gazelle dorcas, le mouflon à manchette, le chacal doré et le fennec. Les plantes sont représentées par les plus robustes des plantes sahariennes, les arbres y sont exceptionnels. Occasionnellement, un épisode humide peut entraîner un retour de la faune sahélienne, qui remonte le cours verdoyant des oueds lorsque ceux-ci coulent suffisamment. La présence temporaire d’autruches ou de guépard est parfaitement envisageable. Plus fréquemment, lors de pluies locales ou quand les grands oueds venus du nord –dont le Tin Tarabine ou In Abeggi- coulent, les nomades du Niger et de l’Atakor poussent leurs troupeaux de chameaux et les laissent pâturer les oueds. Tant que la végétation est verte, ils y trouvent assez d’eau et déambulent à leur gré. Avant les fortes chaleurs, en avril-mai, les bergers rassemblent les bêtes et transhument vers les montagnes. Les derniers campements Touaregs ont quittés l’oued Iféri en 1976.<br />
Le Tassili du Hoggar a vu passer d’autres voyageurs. Pendant des siècles, les Touaregs du Hoggar ont exploités les salines de l’Amadror, une cuvette située à 350 km au nord-est de Tamanrasset. Les caravanes, composées de plusieurs centaines de chameaux y chargeaient les barres de sel, et reprenaient le chemin de Tamanrasset afin de se réapprovisionner. Puis elles partaient vers le sud, afin d’aller le vendre au Niger, pays dépourvu de sel. L’itinéraire habituel passait à proximité du Tassili, mais pouvait le couper pour des motifs d’eau ou de pâturages. Les caravaniers allaient jusqu’ Agadez, voire Zinder plus au sud. Là, le sel était vendu ou échangé contre du mil, des étoffes, des sandales. Il fallait alors reprendre la route de Tamanrasset, lutter contre les fièvres contractées dans les zones humides, pour enfin rejoindre le campement. Le voyage durait en moyenne 6 mois, et nombre de ces courageux commerçants ont trouvé la mort en route. La dernière de ces grandes caravanes a eût lieu en 1978.</p>
<p style="text-align:left;"><strong>Roadbook de la Traversée du Tassili du Hoggar</strong></p>
<p>Jour 1 : départ de Paris pour Alger puis Tamanrasset, arrivée dans l’après-midi et installation en auberge<br />
Jour 2 : Tôt le matin, les véhicules prennent la piste du Sud, quittent les contreforts de l’Atakor pour atteindre en fin de journée la barrière du Tassili du Hoggar. Bivouac dans un canyon au pied de la passe de In Ounane.<br />
Jour 3 :Les véhicules repartent pour Tamanrasset sauf celui qui assure la logistique. Début du trek, franchissement de la passe d’In Ounanne et accès au plateau de Youf Aghlal.<br />
Jour 4 : traversée vers les labyrinthes et les châteaux de Tilenfaza. Bivouac dans les sables rouges.<br />
Jour 5 :descente du plateau dans l’oued Tin Tarabine, cordon vert du Tassili dans lequel pâturent des chameaux. L’autre rive est formée par le plateau d’Imberoum, dédale de grés et de sable. Coucher de soleil depuis le château majeur.<br />
Jour 6 : traversée de grands espaces puis descente de l’oued Assakou. Bivouac dans des chaos de grés et de sables mêlés.<br />
Jour 7 : Traversée du plateau d’El Ghessour par l’oued In Abbeggi. Arrivée dans le secteur des châteaux et visite du canyon (et baignade).<br />
Jour 8 :du cirque d’El Ghessour remontée d’un petit oued rocheux et arrivée dans le site majeur de Tin Akacheker par le secteur de l’Arche.<br />
Jour 9 : déambulation parmi les cathédrales de grès, accessibles grâce aux dunes de plaquage, passage à la dune qui chante du « sous-marin ».  Bivouac vers les champignons de Tagrera. Rendez-vous avec les véhicules.<br />
Jour 10 : départ en véhicule pour Tamanrasset, via l’oued Ighalghar. Arrivée en fin d’après-midi. Visite de la ville.<br />
Jour 11 : vol pour Paris, arrivée dans l’après-midi.</p>
<p style="text-align:right;"><strong><a href="http://www.hommes-et-montagnes.fr/pages/voyage-algerie-hoggar-travers%C3%A9e-des-tassili-du-hoggar.htm" target="_blank">VOIR LA FICHE DE CE VOYAGE</a></strong></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/damienparisse.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/damienparisse.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/damienparisse.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/damienparisse.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/damienparisse.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/damienparisse.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/damienparisse.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/damienparisse.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/damienparisse.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/damienparisse.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/damienparisse.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/damienparisse.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/damienparisse.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/damienparisse.wordpress.com/30/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=30&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/14/tassili-du-hoggar-les-naufrages-volontaires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/9b3461283792b8eea9926a62b85f35e4?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">damienparisse</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La loi du désert : la prison ou le Sahara pour 5 ados.</title>
		<link>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/la-loi-du-desert-la-prison-ou-le-sahara-pour-5-ados/</link>
		<comments>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/la-loi-du-desert-la-prison-ou-le-sahara-pour-5-ados/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 14:06:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damienparisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Désert]]></category>
		<category><![CDATA[Expédition]]></category>
		<category><![CDATA[Mauritanie]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://damienparisse.wordpress.com/?p=28</guid>
		<description><![CDATA[Depuis 2003, Hommes et Montagnes organise des « voyages de rupture » pour le Centre d’Education Renforcée de la région Rhône-Alpes. Dernière chance pour éviter le système carcéral, cette option est choisie par ces jeunes sur proposition des juges. Des expériences fortes pour tous les acteurs de ces expéditions et un fort taux de réussite [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=28&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2003, <a title="Le site deréférence" href="http://www.hommes-et-montagnes.fr/" target="_blank">Hommes et Montagnes</a> organise des « voyages de rupture » pour le Centre d’Education Renforcée de la région Rhône-Alpes. Dernière chance pour éviter le système carcéral, cette option est choisie par ces jeunes sur proposition des juges. Des expériences fortes pour tous les acteurs de ces expéditions et un fort taux de réussite caractérisent ces programmes.</p>
<h2><span id="more-28"></span><strong>Acte 1 : l’incrédulité</strong></h2>
<p class="MsoNormal"><span>« Eh vas-y, c’est pourri ici. Y’a rien, c’est pourri, pourri, pourri ! ». Ils arrivent de loin et ils n’ont effectivement rien à faire sous des palmiers. Cinq grands gamins qui ne connaissent de la vie que celle des banlieues ingrates. Cinq petits citadins à l’histoire chaotique qui se retrouvent là un peu malgré eux. Ce voyage, on leur en parle depuis plusieurs mois, mais au pied du mur, ils sont désemparés, décalés. Juste quelques questions naïves (eh m’sieur, qu’est-ce qu’on va manger ? y’a des bêtes dans l’désert ?). Ils ne mesurent pas -encore- l’itinérance, le dénuement et l’isolement.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"></p>
<p class="MsoNormal" style="padding-left:30px;"><span>Trois jours ont passés. Trois rudes journées de dunes, sans un arbre, sans un repère et qui s’achèvent dans un joli vent de sable. Trois journées pendant lesquelles les règles se sont énoncées les unes après les autres. Les règles du désert, celles de la vie commune, celles des chameliers. Respect de l’eau, respect des autres, se lever, partir lorsque les chameaux sont prêts, marcher jusqu’au puits, dormir dans le vent, ne pas se laver, ne pas perdre ses chaussures… la liste est longue, contraignante et ne souffre pas de négligence. « Eh m’sieur, j’ai soif, j’ai plus d’eau ! Tu as rempli tes gourdes ce matin ? Euh…c’matin j’avais trop la flemme… T’avais la flemme ce matin, tu auras soif jusque midi » La loi est dure, mais ce n’est pas celle du code civil ou des vigiles du supermarché, mais celle du désert. « Moi j’veux rentrer. Faut appeler le directeur, qu’y vienne me chercher ». Pas de barreau, pas d’uniforme, rien à voler, personne à accuser de leur malheur : tous ont accepté de venir. La marche est certes pénible mais n’a rien d’inhumain, la fuite ou l’abandon impossibles. Ils sont désemparés, d’autant<span> </span>que ce désert est invraisemblable : « C’est pas possible, y’a personne ici. Personne, personne, personne …». Puis les cris s’estompent, dans le vent de sable il convient de fermer la bouche… Pourtant rien n’est simple en leur compagnie, les rapports basculent en conflit.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Puis, un vide de plusieurs jours. La caravane progresse comme un somnambule, les gamins sont sonnés. Ils rechignent, râlent, traînent…ils comprennent douloureusement dans quoi ils sont embarqués. Espoir à leur horizon, celui du village que nous traverserons dans quelques jours, Aïn Sefra &#8211; le puits jaune -, le premier depuis le départ. Mais le jour dit, la leçon est amère. Sans doute s’attendaient-ils à ce qu’ils connaissent, une ville, des supermarchés, le téléphone…des repères, du bruit dans lequel se fondre… et un espoir de sortie. Mais Aïn Sefra c’est une poignée de cases de branchages et quelques maisons en dur sur un plateau rocailleux. « Mais comment ils font les gens pour vivre ici y’a rien. J’suis content d’être né en France. On est pas tous nés sous la même étoile ». Une vingtaine de femmes s’occupent des chèvres, les gamins sont l’école tandis que les hommes nomadisent avec les chameaux. La chute est brutale malgré les cocas (frais) que l’on parvient à leur dénicher. Pourtant un premier cap a été franchi, celui des cent kilomètres. L’équipe chamelière estime que les cinq bruyants cheminots sont dignes du thé. Avec des gestes nobles et lents, Mohamed Salem, chef-chamelier leur passe, un à un, les petits verres brûlants. Chacun boit en silence puis regarde ses pieds, gêné. La magie des hommes du désert opère doucement, et force le respect des chiots fous.<span> </span></span></p>
<p class="MsoBodyText">Petite histoire dans l’histoire, notre objectif -Tidjikja- n’en est plus un, le chantier auquel les jeunes devaient participer est annulé. L’info vient de France <em>via</em> le satellite. Le chantier aura lieu mais d’où nous venons, Chinguetti. Nous imaginons un nouvel itinéraire faisant une grande boucle par l’ouest avant de remonter vers le nord. Pour les jeunes, rien ne change, même distance, même durée.</p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><strong><span>Acte 2 : le désarroi</span></strong></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Si cette nouvelle route nous permet d’éviter l’erg Tafoujert, elle ne rapproche pas de zones urbaines, au contraire. Les quelques bergers que nous rencontrons voient là leurs premiers Européens depuis la décolonisation. Emois réciproques et accueils chaleureux. Les plus surpris sont les petits français ; surpris par la simplicité et la générosité de ces seigneurs aux pieds nus qui offrent le lait de chèvre. Et après la surprise vient le respect. « Tu vois ces types, y-z-ont rien, y vivent sous une tente y-z-ont même pas tous des tongs et y se marrent tout le temps. Nous on arrive là avec nos chameaux, nos godasses, tout ça et c’est eux qui nous donnent des trucs ! Tu vois, ben ça me fait bizarre quoi ». Néanmoins, la vie quotidienne est parfois tendue, la fatigue et le dénuement entraînent quelques crises qui freinent régulièrement notre progression. Cette fois, ils ont compris qu’il n’y a pas d’échappatoire. Quelques jours difficiles durant lesquels les éducateurs sont en première ligne. L’équipe chamelière reste incroyable de patience et de tolérance. Ces petits-là sont bien différents des Français qu’ils connaissent.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Onzième jour, des kilomètres dans les sandales, de la fatigue accumulée, des kilos perdus et des débuts de tendinites. Sous les palmiers de Toudouchine-el-Kébir, le puits est plein d’une eau pure. C’est l’occasion d’une demi-journée de repos et de tâches d’ordre hygiénique. Pris de court, les petits forçats du désert tournent en rond. Le vide de l’inaction laisse éclater les tensions. Tant pis pour la sieste, la caravane reprend sa marche dans les barkhanes. </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><strong><span> </span></strong></p>
<p class="MsoBodyText"><strong><span>Acte 3 : la sérénité</span></strong></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Treizième jour. Un déclic. Il s’est passé quelque chose d’imperceptible mais de majeur. Est-ce le cap des deux cents kilomètres ou l’idée de n’avoir plus qu’une semaine à marcher ? Une sérénité -bien fragile- gagne les passagers de la caravane. De petits signes : le lever rapide, les sacs fermés, pas de querelle au petit-déjeuner… C’est donc une étape sans histoire, ponctuée de dunes, de plateaux ventés, de crêtes rocheuses sur lesquelles trébuchent les chameaux, d’oueds offrant leurs minces sillons verts à nos espoirs de puits et d’ombre. Ce soir à Hassi Jerf, le puits est sec, le pâturage dans la panse des chèvres. Diète pour les chameaux, pas de douche pour les nomades. La soirée est douce, le ciel limpide, mais autour du feu moribond, c’est un, deux puis bientôt six scorpions qui nous chatouillent les mollets. Ils succombent rapidement sous les lestes sandales des buveurs de thé. Mais la nouvelle fuse parmi les petits urbains assoupis « Faites-gaffe, y’a plein de scorpions ! ! » L’hystérie qui éclate ne retombera que plusieurs heures après, cristallisant les craintes de chacun. La sérénité n’est qu’apparente.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Deux jours plus tard. La guelta où nous voulions faire de l’eau était trop souillée, bientôt les fûts seront vides. Pas de quoi s’alarmer, mais suffisamment pour agacer le chef-chamelier lorsqu’il aperçoit l’un des jeunes vider sa gourde sur le sable. Il convoque le groupe et demande des explications. Le fautif bafouille de confusion. Calme mais ferme, Salem explique la bêtise d’un tel geste. Ils regardent leurs pieds. C’est leur culture de consommation qui est prise en défaut par cet homme qu’ils respectent. Puis Salem conclue : « Le puits est à 20 kilomètres, nous y serons ce soir ». Personne ne moufte, et le soir la caravane est au puits, l’incident oublié.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Nouib, seizième jour de marche. L’oued est large, pourtant la cohue qui vient à notre rencontre l’emplit entièrement. Des centaines – des milliers – de chameaux, menés par une poignée de méharistes migrent vers le sud, les pâturages du Tagant. L’un d’eux s’arrête à notre hauteur et nous demande un service : régler sa montre électronique. Défi relevé et, fier de pouvoir apporter quelque chose au cow-boy mauritanien, un des petits citadins rend au fier chamelier sa montre enfin à l’heure. </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Wagchodda, les oueds sont de plus en plus habités. Ce sont maintenant des villages que nous traversons régulièrement, comme de petites îles qui annoncent l’approche du continent. L’excitation gagne le groupe, les rêves de cocas frais et de lits se précisent.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Plus que deux étapes. Et des choses inimaginables se produisent. Les jeunes discutent sans se quereller. L’un est volontaire pour aller au puits avec le vieux Sidi tandis que l’autre part regrouper les chameaux avec Jiyed. Le calme règne sur le bivouac. Immense félicité qui permet aux amateurs de déguster une soirée simple et étoilée.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Nos sandales affichent trois cent kilomètres au compteur. En trois semaines c’est peu, mais pour ces jeunes, c’est plus que ce qu’il n’ont jamais parcouru. C’est la fin du parcours, une petite palmeraie accessible aux véhicules, le terme de leur plus grande aventure. Satisfaction, soulagement et fierté. Le plus émouvant finalement ce n’est pas ce qu’ils ont accompli mais la conscience qu’ils en ont. Au fond d’eux il y une vraie raison d’être fier, un véritable exploit à raconter à leurs copains, là-bas en France. Satisfaction et soulagement chez les éducateurs et les chameliers, ils ont réussi en trois semaines à écrire une belle histoire.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span> </span></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/damienparisse.wordpress.com/28/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/damienparisse.wordpress.com/28/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/damienparisse.wordpress.com/28/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/damienparisse.wordpress.com/28/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/damienparisse.wordpress.com/28/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/damienparisse.wordpress.com/28/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/damienparisse.wordpress.com/28/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/damienparisse.wordpress.com/28/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/damienparisse.wordpress.com/28/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/damienparisse.wordpress.com/28/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/damienparisse.wordpress.com/28/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/damienparisse.wordpress.com/28/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/damienparisse.wordpress.com/28/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/damienparisse.wordpress.com/28/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=28&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/la-loi-du-desert-la-prison-ou-le-sahara-pour-5-ados/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/9b3461283792b8eea9926a62b85f35e4?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">damienparisse</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Méharée de Tamanrasset au Tassili du Hoggar</title>
		<link>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/meharee-de-tamanrasset-a-djanet/</link>
		<comments>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/meharee-de-tamanrasset-a-djanet/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 14:03:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damienparisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expéditions]]></category>
		<category><![CDATA[Publiés dans la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Récits de voyages]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara]]></category>
		<category><![CDATA[Désert]]></category>
		<category><![CDATA[Expédition]]></category>
		<category><![CDATA[Hoggar]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://damienparisse.wordpress.com/?p=26</guid>
		<description><![CDATA[Depuis 2004, les pluies ont été abondantes sur le Hoggar, épisode humide après sept années d’une terrible sécheresse. Les oueds ont coulé, les acacias ont fleuri, la flore a opéré sa résurrection. Des pâturages exceptionnels sont apparus et les nomades ont repris le chemin des grandes transhumances. Des voyages jusqu’alors impossibles sont redevenus envisageables, et c’est ainsi que cette méharée de Tamanrasset au Tassili du Hoggar a pu se réaliser, malgré le caractère hyper-aride des zones traversées. Un voyage logique, qui reprend pour partie une ancienne route caravanière et aboutis sur les sites grandioses du Tassili du Hoggar.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=26&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>Depuis 2004, les pluies ont été abondantes sur le <strong>Hoggar</strong>, épisode humide après sept années d’une terrible sécheresse. Les oueds ont coulé, les acacias ont fleuri, la flore a opéré sa résurrection. Des pâturages exceptionnels sont apparus et les nomades ont repris le chemin des grandes transhumances. <strong>Des voyages jusqu’alors impossibles sont redevenus envisageables</strong>, et c’est ainsi que cette méharée de Tamanrasset au Tassili du Hoggar a pu se réaliser, malgré le caractère hyper-aride des zones traversées. Un voyage logique, qui reprend pour partie une ancienne route caravanière et aboutis sur les sites grandioses du <strong>Tassili du Hoggar.</strong></span></p>
<p> </p>
<p><strong><span style="color:#993300;">Former la caravane</span></strong></p>
<p>Aux portes de Tamanrasset, six touaregs nous attendaient, buvant le thé sous un acacia. La trentaine de chameaux pâturaient aux alentours. Fraîchement débarqués du vol de Paris, un peu étourdis du changement nous prenons contact, discrètement. Les chameliers, observent, jaugent et intérieurement attribuent déjà à chacun sa monture, en fonction de qualités supposées. Je suis déclaré apte à maîtriser un animal puissant, les femmes héritent en priorité des petits chameaux dociles. Encore sous le choc de la nuit dans l’avion, nous fouillons des yeux l’amas épars de matériel. Caisses, sacs, ballots et jerrycans, cordes, selles et bagages s’étalent dans un désordre déroutant. Près de deux tonnes de matériel, dont 600 litres d’eau. Les chameliers organisent l’ensemble, sans précipitation. Le rythme lent mais efficace, déjà. Deux tonnes, c’est peu pour dix-huit personnes et quinze jours, mais c’est un petit miracle que de les jucher sur le dos des animaux. Deux heures plus tard, tout est agencé. Les charges sont équilibrées une à une sur les bats, le tout est soigneusement ficelé. Vient alors le grand moment, attendu par les plus expérimentés, silencieusement redouté par les débutants : l’heure de monter en selle. Un par un, le chef-chamelier nous appelle :« Toi ! Viens là. Enlève les chaussures. Mets ton pied là, ta main là. ». En silence, les chameaux fermement maintenus, ils nous installent et assurent l’instant délicat où le chameau se déplie et nous propulse deux mètres plus haut. En quelques minutes nous sommes tous installés à nos postes d’altitude. Encore un instant de flottement, le temps de ficeler un sac oublié, la bouilloire et la théière, de distribuer quelques consignes et l’ordre de départ est donné. C’est parti pour 250 km d’aventure saharienne.</p>
<p><strong><span style="color:#993300;">Mise en route</span></strong></p>
<p>Au soir du deuxième bivouac, les choses ont déjà bien changées. Tel un navire, notre caravane, son équipage et ses passagers ont trouvés leur rythme de croisière. Réveil à l’aube, petit déjeuner au levant, puis les chameliers s’activent à achever le chargement. Certains ne manqueraient cela pour rien au monde, donnent la main à hisser les sacs, sellent les montures. Nous partons à pieds, avant la caravane et, profitant de la fraîcheur nous serpentons dans un dédale de petits oueds. Les gorges sont verdoyantes, l’eau n’est pas loin sous nos pieds, à certains endroits elle affleure. Parfois nous croisons un berger et son troupeau. 11 heures, la chaleur monte. A l’ombre d’un gros acacia, nous laissons la caravane nous rejoindre et finissons la matinée en selle. Après le repas et la séance de thé, la sieste est de rigueur, laissant filer les heures chaudes dans une langueur africaine.</p>
<p><strong><span style="color:#993300;">Cinquième jour</span></strong></p>
<p>D<span>epuis une centaine de kilomètres nous avancions avec pour objectif la massive montagne d’Ayeloum. Elle domine le plateau de plus de 800 m et constitue un phare pour les caravanes. Par temps clair, elle est visible à plus de 100 km à la ronde .A son pied, le puissant oued Ighalghar descend du cœur de l’Atakor, loin de là vers le Nord. Un de ses affluents a taillé une gorge et une guelta –mare temporaire- dans les granits rose. Les caravanes y ont toujours fait relâche avant d’affronter les zones arides, nous ne faillirons pas à la tradition. A midi, bien campés en selle, nous débouchons dans la gorge de Tanaout et établissons le camp à 100 m du point d’eau. Mauvaise nouvelle, une crue récente a comblé la guelta. L’eau est là, emprisonnée dans la poche rocheuse, mais il va falloir creuser un abankor –puits temporaire- dans le gravier. Mustapha, le chef-chamelier se charge de la corvée et, une heure durant il fore un trou d’homme avec sa tannemast, l’écuelle métallique qui sert à tout. L’eau est à 1m 50, et les premières gamellées extraites sont plus solides que liquide. Les chameaux, entravés et assoiffés se bousculent autour de l’abreuvoir de fortune. Dans un nuage de poussière, pendant une nouvelle heure, les chameliers vont abreuver les bêtes et gérer la cohue avec force cris et menace de la badine. Quand enfin le calme revient, l’eau –trésor inestimable- est claire et douce. Nous en emplissons les jerrycans, soit 600 litres à puiser à la main. L’opération aura pris l’après-midi.</span></p>
<p>Ce soir, une page est tournée. La caravane est désormais rodée, le plein d’eau est fait, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses. A savoir la traversée des « grands oueds », une succession de plaines de graviers et de courts plateaux bosselés, 100 km  en ligne droite avant d’atteindre le tassili du Hoggar.</p>
<p><strong><span style="color:#993300;">Les grands oueds</span></strong></p>
<p>Septième jour de marche, nous sommes entre l’oued Aouiker et la plaine d’El Ghessour, dans une longue étape qui comme depuis trois jours nous fait ressembler à une poignée de fourmis jetées sur l’immensité saharienne. De loin en loin des collines rocheuses jalonnent la plaine vide. L’ambiance est admirablement monotone et monochrome, un seul ton et une seule ambiance, le gris-jaune minéral. Dans ce vide, seule compte notre progression, régulière, rythmée par le pas des chameaux. Je ne suis plus qu’à mes fonctions alternées de marcheurs et de méhariste. Plus rien à penser, plus rien à dire, la sérénité silencieuse du paysage rends muets.</p>
<p>Dans l’après-midi, nous arrivons dans la plaine d’El Ghessour, uniformément blanche et plate. L’espace se grignote pas à pas, et la barre bleuté du Tassili prend lentement forme. Encore 40 km avant d’atteindre le massif. Heure après heure, malgré les foulées longues, le paysage n’évolue pas, le Tassili ne grandit pas, seule la ronde du soleil atteste du temps qui s’écoule. A la nuit, la caravane s’arrête enfin, attirée comme un aimant par la dizaine d’acacias maigrelets qui survivent là. Sur l’horizon plat à 360°, les chameaux jettent des regards désespérés, regrettant intérieurement les gras pâturages qu’ils ont quittés.</p>
<p><span style="color:#993300;">Sur le Tassili</span></p>
<p>Deux jours ont passés, et c’est un autre voyage. Les grands espaces sont derrière nous. La longue chenille suit la piste caravanière qui, sur le rebord tassilien mène à l’oued In Abeggi, son pâturage et son puits temporaire. Au sortir d’un court plateau noir et fragmenté, nous débouchons sur le long couloir verdoyant de l’oued. Sur une centaine de mètres de large, le lit est couvert d’une touloult verte et abondante. Les chameaux se pressent autour du puits, une nouvelle cohue s’organise, ponctuée des cris de joie que pousse les Touaregs à chaque seau puisé. L’eau est abondante, plus encore que dans nos rêves.</p>
<p><strong><span style="color:#993300;">11 ème jour de méharée :</span></strong></p>
<p>Le vent fait friser la crête de la grande dune de Tin Akacheker. De là-haut, le spectacle est irréel, harmonieux, élégant. Les « châteaux » se succèdent sur la plaine, masses tourmentées et audacieuses drapées de dunes de plaquage. Assis face au vent, je savoure la sauvage beauté. Il y bien un peu trop de vent, trop de sable, pour risquer de sortir l’appareil photo. Mais je n’ai aucun regret, il est de ces moments rares ou ne pas faire une image est un luxe délicieux. Se satisfaire de la contemplation. Au loin la caravane sinue entre des éléphants de grès. Quelques groupes de randonneurs fraîchement extraits des Toyota gravissent d’autres dunes de ce site hautement touristique. Nous dessinerons un parcours sinusoïdal pour les éviter, pour éviter d’avoir à expliquer qu’il nous a fallu 9 jours de méharée pour venir de Tamanrasset quand on peut avaler la piste en une journée. Eviter de raconter notre parcours pour rester dans la continuité de notre voyage, celui de la vie en caravane, au rythme d’une équipe de nomades, avec les contraintes et les bonheurs du méhariste. Ce soir, au bivouac, trois chauffeurs boivent le thé autour de notre feu. Ils ont quitté le groupe qu’ils transportent et sont venus, curieux nous rendre une petite visite. L’un d’eux me taquine, intrigué et narquois devant notre équipée finissante. « Toi, pourquoi tu es venu en chameau ? La route depuis Tamanrasset je la connais par cœur, il n’y a rien ! ». Sans trop y croire je lui donne mes arguments. Mais ce jeune citadin a du mal à croire que je préfère 9 jours de chameau –là où il n’y a rien- plutôt qu’une bonne traite en Toyota. Et que venir au Tassili et le visiter en chameau, prend une autre dimension. Peine perdu, il ne peut pas y croire, peut-être est-il vaguement jaloux ?</p>
<p>Au douzième jour, le grand cirque rouge de Taguelmam Smerdet est le terme de notre méharée. Les véhicules nous attendent pour regagner Tamanrasset. Poussiéreux, tannés par le soleil, fiers de notre épopée, nous faisons de brefs adieux aux chameliers qui reprennent la route sans se retourner. Leurs campement sont à dix jours de marche vers le nord. Mais ils n’y rentrerons pas si vite. Le sourire aux lèvres, ils vont confortablement s’installer dans les exceptionnels pâturages découverts il y a quatre jours, y faire engraisser les chameaux.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;"><strong>Roadbook</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:left;"> </p>
<p>Jour 1 : le soir, vol direct de Paris à Tamanrasset, arrivée dans la nuit.</p>
<p>Jour 2 : le matin, court transfert aux portes sud de Tamanrasset, rencontre avec la caravane. Début de la méharée, après-midi en selle, cap au sud-est.</p>
<p>Jour 3 : Marche à travers le chaos de granit puis en selle dans de petits oueds sableux.</p>
<p>Jour 4 : la caravane marche vers la montagne d’Arregane et la double par le sud.</p>
<p>Jour 5 : demi-journée de méharée vers la montagne d’Ayeloum. Après-midi consacrée à remplir les jerrycans.</p>
<p>Jour 6 : début des grands environnements, la caravane quitte les montagnes et met le cap sur le Tassili du Hoggar.</p>
<p>Jour 7 , 8 et 9 : traversée des grands oueds, espaces ouverts et nus qui séparent les massifs. Au troisième jour, arrivée somptueuse sur le Tassili par l’oued El Ghessour.</p>
<p>Jour 10 : visite du canyon d’El Ghessour puis en selle jusque l’oued In Abbeggi pour faire pâturer les chameaux et refaire les provisions d’eau.</p>
<p>Jour 11 et 12 : traversée du plateau d’in Abbeggi puis des contreforts ouest du Tassili et arrivée au nord du secteur de Tin Akacheker.</p>
<p>Jour 13 : traversée des châteaux de Tin Akacheker et bivouac dans le secteur des champignons de Tagrera.</p>
<p>Jour 14 : dernière matinée en selle jusqu’au site de Taguelmam Semerdet. Rencontre avec les véhicules et début du transfert de retour via la dalle gravée des caravanes. Bivouac sur le plateau d’Imberoum.</p>
<p>Jour 15 :arrivée à Tamanrasset en début d’après-midi, visite de la ville.</p>
<p>Jour 16 : vol pour Paris, arrivée dans l’après-midi.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:right;"><strong><a href="http://voyager.hommes-et-montagnes.fr" target="_blank">Voir la fiche de ce voyage</a></strong></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/damienparisse.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/damienparisse.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/damienparisse.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/damienparisse.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/damienparisse.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/damienparisse.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/damienparisse.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/damienparisse.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/damienparisse.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/damienparisse.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/damienparisse.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/damienparisse.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/damienparisse.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/damienparisse.wordpress.com/26/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=26&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/meharee-de-tamanrasset-a-djanet/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/9b3461283792b8eea9926a62b85f35e4?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">damienparisse</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Jusqu&#8217;au bout de la steppe</title>
		<link>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/jusquau-bout-de-la-steppe/</link>
		<comments>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/jusquau-bout-de-la-steppe/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 14:02:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damienparisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récits de voyages]]></category>
		<category><![CDATA[Expédition]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Nomades]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://damienparisse.wordpress.com/?p=24</guid>
		<description><![CDATA[Par Damien Parisse. A la frontière incertaine des empires russes et chinois, la vallée d’Ak Say est une longue bande de steppe bordée de hautes montagnes. A plus de 3200 m d’altitude, cet univers hostile servait jadis de refuge aux pillards et aux minorités persécutées. Longtemps fermée au monde par les autorités soviétiques, elle accueille [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=24&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Par Damien Parisse.</h4>
<p class="MsoTitle"><span><em>A la frontière incertaine des empires russes et chinois, la vallée d’Ak Say est une longue bande de steppe bordée de hautes montagnes. A plus de </em><em>3200  m</em><em> d’altitude, cet univers hostile servait jadis de refuge aux pillards et aux minorités persécutées. Longtemps fermée au monde par les autorités soviétiques, elle accueille aujourd’hui quelques nomades qui y vivent dans des conditions extrême.</em></span></p>
<p class="MsoTitle"><span id="more-24"></span></p>
<p class="MsoTitle"></p>
<p class="MsoTitle">Le petit sous-officier a débité son nom et son grade si précipitamment que personne ne l’a compris. Et comme il a l’air plus embarrassé que nous, personne n’ose lui demander de répéter, chacun se contente d’acquiescer d’un air entendu. Son visage est grave, son uniforme trop grand, ses bottes en plastique et ses gestes maladroits. Il nous observe avec un brin d’incrédulité. Nos tentes igloo, nos vêtements techniques et bariolés, nos sacs à dos, notre présence ici, tout est déplacé. Et surtout, nous sommes à pied. Au pays des yourtes et des chevaux, dans cette lointaine vallée déshéritée, nous sommes aussi discrets que des martiens, et probablement les premiers étrangers jamais vus ici. La laborieuse étude de nos documents officiels débute. Le petit sous-officier découvre les formulaires qu’il a fallu inventer au ministère du tourisme, pour répondre à notre demande incongrue d’aller effectuer un trek dans la vallée d’Ak Say. Un peu dépassé par les événements, il prend progressivement confiance, étudie longuement chaque passeport. Puis les discussions s’engagent. Où allons-nous exactement ? Par quelle vallée, quel canyon ? A quelle distance de la frontière…heureusement l’orage du jour éclate, une pluie violente s’abat sur notre camp, mettant fin au dialogue. Le petit sous-officier, Kalachnikov en bandoulière, remonte en selle et s’en retourne au grand galop vers le poste qu’il occupe seul. Bienvenue au pont de la rivière Ak Say, ouvrage qui fut hautement stratégique et qui n’est plus qu’anecdotique, le long d’une frontière qui, depuis des siècles, est la limite extrême entre les empires de l’orient et de l’occident. Cette ligne Maginot russe a été défendue 80 ans durant par l’armée rouge. Sa charge repose désormais sur notre petit sous-officier kirghize. Seul, avec un petit cheval et une arme, il doit défendre son pays face à un voisin de plus d’un milliard d’individus.</p>
<p class="MsoNormal"><strong><span>Un monde du bout du monde</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span>C’est un bout du bout du monde, pourtant accessible, assez facilement en fait. D’abord, prendre un avion puis un second, et c’est Bishkek. Vous êtes au Kirghizstan. En une grosse journée, on peut parvenir au sud du pays, dans la vallée d’At Bashy. Les maisonnettes russes semblent être sorties d’un roman du 19 ème siècle. La fenaison miraculeuse, fait pousser partout des meules obèses.<span> </span>Là, à 2400 m d’altitude, dans les villages, se rencontrent de rudes gaillards, trapus, à la face plate et aux yeux en amande. Leurs chevaux sont petits mais robustes et porteront votre équipement sans rechigner. Si vous n’avez rien oublié, le gaz, les vivres, la pharmacie…il n’y a plus qu’à marcher. Trois jours. Traverser un massif qui ressemble à celui de Belledonne, essuyer quelques orages, franchir un des cols qui, à 4000 m d’altitude, ouvre sur une haute vallée qui devient une steppe impressionnante. Trois jours et vous êtes dans la vallée d’Ak Say. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span> Cette fois, enfin, c’est la steppe. Un environnement déroutant. Démesuré certes, mais bordé. La vallée est une longue bande de steppe posée là, dans une haute vallée, entre deux puissantes chaînes de montagnes qui courent sur des distances inhabituelles. Au Nord, le massif d’At Bashy culmine à 4800 mètres, tandis que la longue chaîne de Kokshaal ferme l’horizon de cimes englacées oscillant entre 5000 et 7000  mètres. Curieusement pour ces altitudes, la vallée est large, plate et longue. Pas de gorges, ni de torrents furieux. La force tranquille et la sérénité d’une longue étendue herbeuse, verte et rousse, faussement verte d’ailleurs. Car elle est aride cette steppe. Jalonnée de marais, ponctuée de quelques sources, mais globalement aride. Au fond, car il y a un fond, coule la rivière. Paresseuse, elle serpente, décrivant ses larges bras ronds dans la plaine. Du moins c’est l’impression, de loin. Là encore, il faut oublier ses habitudes. Au plus étroit, cent mètres de large, et un débit qui rend toute tentative de franchissement aléatoire. Ici, les rivières se longent, se contournent, rarement se franchissent. Le grand frère russe a eut la bonne idée de construire un pont pour franchir Ak Say, obstacle de plus de 150 km le long de la sensible frontière chinoise. Grâce aux piles de béton soviétiques, nous enjambons le fleuve avec pour seul souci de capturer la lumière magique sur les remous.</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span>Entre les montagnes, la steppe</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span>Puis, à nouveau, c’est la steppe. Cette fois sous la pluie.<span> </span>Mais cette steppe est enivrante. J’y retrouve le parfum de liberté des regs sahariens ou de la toundra. Pas de chemin ni de barrière, ici la route se trace partout où ça passe. Je veux dire que notre route n’est plus dictée par des consignes humaines mais par les contraintes du terrain. Sur l’immense pelouse, comme en haute mer, nous prenons un cap. La navigation nous mène à la prochaine source, contournant soigneusement les marécages, choisissant stratégiquement le gué le plus propice. L’eau impose sa règle : soit elle abonde et coupe la route, soit elle manque cruellement. Et il n’en finit pas de pleuvoir. Le ciel est bas, noir et somptueusement déchiré de lumière blanche. De loin en loin, une éclaircie nous laisse entrevoir le massif vers lequel nous marchons en aveugles. Nous remontons lentement un vaste plateau dans lequel les rivières ont taillé d’invisibles canyons. Au hasard, dans une de ces micro-vallées, cachée aux vents, nous surprenons une famille de bergers qui occupent trois maisonnettes. Qui est le plus surpris des deux ?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Un petit col et miracle ! La pluie crachote ses dernières gouttes. Et quittant une haute vallée, nous en trouvons une nouvelle, encore plus haute, juste un peu moins large, la dernière qui soit habitée. Derrière, c’est presque la Chine, et les reliefs trop escarpés ont arrêté les nomades.<span> </span>Ici, la rivière est large d’une vingtaine de bras, chacun un peu trop profond pour le piéton. En aval, elle disparaît dans un bruyant canyon. Sur la rive où nous établissons le camp de base, un massif calcaire dresse ses parois. Il n’a pas de nom particulier, ce n’est qu’une virgule du massif de Kakshaal, longue barrière de plus de 600 km qui culmine à 7439 m au Pobieda.</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span>Sous la yourte</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dans la micro-société de la vallée, notre arrivée surprend. Il y a là 5 ou 6 familles qui (sur) vivent en élevant yacks, moutons et chevaux. Ils occupent les anciens baraquements des gardes-frontière soviétiques. Etrange village de planches bâti là pour des intérêts géostratégiques. L’armée rouge est partie, les kirghizes ont investi les bicoques<span> </span>et y perpétuent leurs activités séculaires. Le communisme est passé par là. Qu’a-t-il finalement laissé ? Une mauvaise piste, un pont, une poignée de véhicules poussifs. Pour le reste, les bergers vivent comme leurs ancêtres. Talaï nous accueille sous sa yourte, partagé entre fierté et embarras. La famille se presse, trois générations sont là. Talaï est le fils aîné, ses enfants sont à la yourte pour l’été. Sa jeune sœur nous explique leur vie en anglais. Je reste ahuri quand elle m’explique qu’ils restent ici l’hiver. Ils vivent sous la yourte dans cette vallée toute l’année. Les parents sont là depuis trente ans. Comme chauffage, il y a un poële en tôle, de la bouse séchée et du charbon maigre. Il y a bien une maison familiale à At Bashy, mais elle ne sert que pour les enfants qui y sont scolarisés. Naïvement, je demande à cette jeune femme comment se passe l’hiver. Avec un petit sourire et le regard fier, elle me répond que oui, c’est un peu difficile. Qu’il fait froid (dans cette vallée le record national a été enregistré avec -54°C) mais qu’il y fait beau, que le vent chasse la neige et que les yacks et les chevaux y trouvent de l’herbe. D’ailleurs, les Kirghizes remontent. En bas, depuis l’effondrement du grand frère Soviétique, il n’y a plus de travail. Les petites villes meurent, plus de boulot, plus de chauffage, il ne reste que la misère et l’alcool. En haut, la vie est rude mais saine. Il y a de l’herbe pour tous, les troupeaux grandissent, la viande se vendra toujours. Est-ce une solution ? C’est au moins la survie, et la fierté.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Toute petite victoire. Nous venons de passer l’ex-mur de fer qui matérialisait la frontière. Il n’en reste plus qu’une bande désherbée, jonchée de ferrailles, qui court le long de la vallée. Les gardes frontière russes sont partis 10 ans après l’indépendance, mais tout a été démantelé. Derrière, c’est l’ancien no man’s land fermé depuis plus d’un siècle. Et d’après les cartes, parmi le dédale de vallées, un lac dont on ne connaît que le nom, Kek Shoui, le lac caché. On s’arrête, un peu surpris. Derrière la frontière artificielle, c’est la même planète, le même air. Ce n’était bien qu’un barbelé dans la steppe. Derrière donc, une nouvelle vallée, mais celle-ci s’échappe d’une paroi digne des dolomites.</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span>Le lac caché</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span>Nous arrivons en pays calcaire, l’érosion est verticale, l’eau<span> </span>a creusé lapiaz, dolines, grottes et canyons. Mais des dolomites qui culminent à 5000 m et dont les plateaux sont des calottes glaciaires. Formidable massif, où aucun alpiniste, skieur ou spéléologue n’est encore jamais venu tracer sa voie. Aux jumelles, je décrypte les couloirs skiables, imagine de belles courses d’arêtes, suppute des entrées de cavités. Formidable terrain, de toute beauté, d’un réel intérêt technique, avec ce parfum d’aventure et de liberté, cette saveur piquante que donne la sensation d’être le premier, de s’immiscer dans une zone longtemps inaccessible ou interdite. Combien de temps pourrons-nous profiter de ce bout du monde avant qu’un chaos de l’histoire, qu’un trouble ou une doctrine ne referme la vallée de Kokkya ?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>La sensation est grisante, c’est celle que l’ont ressent en arrivant sur un sommet. En grimpant sur<span> </span>le gros bouchon qui obstrue le canyon, le ciel s’assombrit. Ce bouchon, un peu poreux, c’est tout un pan de la montagne qui l’a formé en s’effondrant. En amont, la rivière est devenue un lac. Elle inonde deux vallées confluentes et doit atteindre une bonne quinzaine de kilomètres de long. Nous n’en voyons que le début, ensuite la vallée disparaît derrière un coude. De gros rochers émergent de l’eau turquoise. Les parois verticales forment un angle droit avec la surface lisse du lac. Elles se dressent, grises et hostiles. Plus haut, bien plus haut, les glaces font des taches blanches sur le ciel noir. Un dernier rayon de soleil sur ce tableau, et les premiers flocons de neige s’invitent. Il faut avaler le casse-croûte à l’abri des bourrasques, thé vert, fromage et poisson fumé. Je reste songeur sur l’obstacle que constitue le lac, le dernier obstacle pour atteindre <em>l’ultima terra</em>, le bout du bout de ce monde kirghize. La frontière chinoise m’obsède, le sommet était à portée de la main, l’exploration d’Ak Say ne fait que commencer.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:right;"><strong><a href="http://www.hommes-et-montagnes.fr/pages/voyage-kirghizstan-steppe-et-haute-montagne-.htm" target="_blank">VOIR LA FICHE DE CE VOYAGE</a></strong></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/damienparisse.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/damienparisse.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/damienparisse.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/damienparisse.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/damienparisse.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/damienparisse.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/damienparisse.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/damienparisse.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/damienparisse.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/damienparisse.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/damienparisse.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/damienparisse.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/damienparisse.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/damienparisse.wordpress.com/24/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=24&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://damienparisse.wordpress.com/2009/01/05/jusquau-bout-de-la-steppe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/9b3461283792b8eea9926a62b85f35e4?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">damienparisse</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Reconnaissance dans le Grand Erg Occidental, hiver 2003</title>
		<link>http://damienparisse.wordpress.com/2008/10/16/reconnaissance-dans-le-grand-erg-occidental-hiver-2003/</link>
		<comments>http://damienparisse.wordpress.com/2008/10/16/reconnaissance-dans-le-grand-erg-occidental-hiver-2003/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2008 06:53:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damienparisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récits de voyages]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Désert]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://damienparisse.wordpress.com/?p=6</guid>
		<description><![CDATA[  Extrait d’un rapport de voyage, cette vision de Timimoun et du Grand Erg est celle d’un jeune accompagnateur en montagne. Premier contact, premier regard :   Etape 1 : Les  chameaux chargés, cap au nord-ouest, directement dans l’erg. La caravane longe l’oasis de Tazliza. Puis une courte zone dessablée. Nombreux outils lithiques, fragments d’œufs d’autruche. Premier [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=6&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<h2>Extrait d’un rapport de voyage, cette vision de Timimoun et du Grand Erg est celle d’un jeune accompagnateur en montagne. Premier contact, premier regard :</h2>
<p> </p>
<p><strong>Etape 1 :</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>Les  chameaux chargés, cap au nord-ouest, directement dans l’erg. La caravane longe l’oasis de Tazliza. Puis une courte zone dessablée. Nombreux outils lithiques, fragments d’œufs d’autruche. Premier bivouac donc : bu les trois thés à 17h00, installation rapide de la tente mess indispensable pour cuisiner sans excès de sable. Car il a du vent…</p>
<p>Peu de pâturage dans l’erg, les chameaux sont à la diète, entravés baraqués. Première nuit : fraîche et poussiéreuse. Le vent tombe avec le soleil, probablement un thermique à l’échelle de l’erg.</p>
<p> </p>
<p><strong>Etape 2 : </strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>L’équipe se lève bien avant le soleil. Pourtant, il ne fait pas chaud. D’ailleurs, il faut quelques heures de soleil pour commencer à sentir la chaleur. Le petit feu est le bienvenu. Evidement il faut acheminer le bois. </p>
<p>En route. Des dunes, du drinn, des dunes, du vent, des dunes, des tamaris, des dunes. Puis nous croisons un cordon de dunes plus haut que les autres, orienté NE/SW d’où l’on a une jolie vue. A l’abri d’un tamaris, le vent est un poète qui chante ses légendes.</p>
<p> </p>
<p><strong>Etape 3 : </strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>Départ à 9h00 seulement : froid, vent, dunes. La progression est régulière. Il faut parfois re-bâter les chameaux, mais cela ne nous ralentit guère. Au contraire, cela permet aux esthètes et autres photographes de rattraper la caravane. L’idée est de rester à vue. Une toute petit palmeraie non habitée sur notre route. Feu au bois de palmier, du vent toujours. Cette après-midi, on croise on reste de foggara , signe que les oasis naissent et meurent, se déplacent et renaissent. Finalement, ici même les sédentaires sont nomades. Puis on approche de la première grande oasis, signalée par le ksar en ruine. Arrivée par la nécropole, caractérisée par les céramiques qui ornent les tombes. On découvre alors la palmeraie de Sidi Mansour. Les chameaux font un détour tandis que nous la traversons. Habitat dispersée, école récente, électrification en cours. En suivant la large (et récente) piste, nous quittons la palmeraie et établissons le bivouac à la sortie.</p>
<p> </p>
<p><strong>Etape 4 :</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>Départ à 10h00, il a fallu aller faire de l’eau au puit voisin et l’opération fut un peu longue. Vient une longue plaine dessablée : enfin nous pouvons marcher rapidement. Voiçi un  cordon de dune puis une nouvelle plaine. Pas un reg mais bel et bien une plaine alluviale. A signaler une nécropole un peu décapée par le vent. Puis trois palmiers dans la plaine. Nous trouvons, outre la foultitude d’outils lithiques, du bois silicifié ou pétrifié. PM. Derrière les palmiers, un ksar et sa palmeraie. Puis nouvelle plaine et nouvelles dunes. Passage à la palmeraie d’ Ouled Ayach. Nous poursuivons et bivouaquons en creux de dunes, dans le silence et la sérénité.</p>
<p> </p>
<p><strong>Etape 5 :</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>Il fait bien moins froid ce matin. Devant nous, bien visible sur sa butte témoin, un ksar. D’autres agrémentent les horizons. Des plateaux émergent. On zigzague dans les dunes. Une éminence de grès à proximité : en la gravissant on découvre l’étendue du paysage. Route à 210°. Après une plaine végétalisée, nous passons entre deux ksours, puis à nouveau du sable et des buttes témoins. La dune afrag permet de repérer la piste de loin. Nous la franchissons. Puis nous gagnons un reg sur lequel est bâti le puissant (et photogénique) ksar de Béni Saïdi. Vaste palmeraie qui abrite, disons 450 personnes. Des palmiers, des jardins, une école, une mosquée… Electricité depuis 2001. Au sud est du ksar s’étends la nouvelle palmeraie, alimentée grâce aux pompes électriques. On remarque les jeunes palmiers.. Les oasiens n’ont pas vu un touriste depuis 1993, donc les enfants n’ont jamais vu de touriste…alors forcément, on crée rapidement l’événement si l’on ne sait pas être discret.</p>
<p>Nous quittons Béni Saïdi par le sud, dans les dunes. Un cordon plus haut que les autres sur une rupture de plateau, jolie vue sur le sud. Route dans les dunes. Le bivouac est posé dans un creux de dunes à 17h00. L’heure du thé, évidemment !</p>
<p> </p>
<p><strong>Etape 6 : </strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>Nous atteignons le bord de l’erg qui est signalé par la ribambelle de ksours qui le jonche. Pause repas au Ksar Yahia, superbe forteresse rouge, en ruine comme les autres. Mais ces témoins d’une époque où les oasisns devaient se défendre contre les nomades sont très éloquents. L’erg est bordé par une falaise orientée N-S sur des centaines de kilomètres. On trouve ici plusieurs ksours intéressants à visiter, de Yahia à El Mabrouk. Après la pause, visite des ksours d’où la vue est fascinante. On imagine parfaitement ce que fût la vie des cultivateurs du désert. Au nord la palmeraie de Yahia, à l’ouest l’erg, au sud les ksours et la palmeraie de Semouta, à l’est le plateau. Tout est dit. Etape courte jusqu’au dernier bivouac : agréable palmeraie beaucoup d’oiseaux…à quelques kilomètres des habitations. </p>
<p> </p>
<p><strong>Etape 7 :</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>Belle étape, à la frange de l’erg et en bordure de la longue rupture du plateau. Les palmeraies se succédent, dominés par les ruines des ksours. Ensuite, court transfert en véhicule pour Timimoun avec un arrêt à Semouta pour voir le contraste des jardins et des dunes puis traversée de la sebkha et arrivée vers midi à Timimoun. Après-midi en ville. En nécessairement, j’assiste au coucher du soleil depuis la terrasse de Timimoun : la rivière de palmiers est d’un vert intense. Elle s’arrète brutalement aux terres salées de la Sebkha derrière laquelle s’étendent à l’infini les dunes du Grand Erg. Un must et une belle conclusion pour cette courte reconnaissance !</p>
<p> </p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>Remarques et observations</strong></p>
<p><strong>Timimoun :</strong></p>
<p>Sous-Préfecture de la Willaya d’Adrar qui se trouve à 2h30 au Sud.</p>
<p>La ville borde la Sebkha. Elle est tout en longueur, orientée Nord-Sud. La grande palmeraie qui abrite également des jardins descends jusqu’aux terrains salés.  Aérodrome à 5 km. Collèges et Lycées, nombreuses administrations, faible présence militaire, agriculture,  commerce et route commerciale…tout pourrait aller bien si le touriste revenait.</p>
<p> </p>
<p>On construit beaucoup: les extrémités Nord et Sud de la ville sont deux vastes chantiers, d’abord car la population augmente (+/- 12 000 personnes actuellement), ensuite parce que la main-d’œuvre est largement disponible.</p>
<p> </p>
<p>Petite balade en ville : nous ne retiendrons ici que le centre qui s’articule autour du marché et de l’enceinte de la vieille ville. Une avenue principale : place des taxis, Grand Hôtel, Mairie, la grande mosquée, banque et bureau de poste et bien sûr le marché. Assez petit, couvert, on y trouve essentiellement des légumes et des dattes. Deux ou trois boutiques à souvenir, mais encore peu de chose. La vieille ville est bien plus intéressante avec son dédale de ruelles, de passages et de corridors qui tous s’organisent en fonction de l’ancienne rue principale. La vieille mosquée présente deux minarets. Le plus petit, légèrement pyramidal a sept siècles. Il a été conservé lors des travaux d’agrandissements qui datent du milieu des années 1990 et qui ont fait pousser le second minaret.</p>
<p> </p>
<p>La place à proximité de la mosquée est l’endroit où avaient lieu les marchés avant la construction de la ville. On raconte que Sidi Moussa (un saint homme-zaouïa) voulant attirer du monde à cet endroit garantissait que le marché y était si florissant que l’on pouvait même y vendre du sable. Et de fait le sable s’y échangeait ! Sidi Moussa fit construire la mosquée et aujourd’hui la place porte son nom.</p>
<p> </p>
<p>A noter les projections de lait de chaux ou de peinture blanche sur les murs. Elles sont réalisées à deux occasions : la célébration de la mort d’un Zaouïa, ou un mariage. Dans ce cas les traces jalonnent le parcours entre le domicile des parents de la mariée et son futur domicile conjugal, lui-même copieusement blanchit.</p>
<p> </p>
<p><strong>Les palmeraies</strong> sont nombreuses dans les zones que l’on traverse. Elles ne se sont jamais vidées de leur population même si beaucoup d’hommes sont travailleurs saisonniers, dans le pétrole ou les villes du Nord. Depuis quelques années, l’état a entrepris une ambitieuse campagne d’aménagement des oasis qui intervient avant qu’il ne soit trop tard. Ainsi la plupart sont électrifiées, les travaux sont en cours ailleurs, prévues dans les dernières. Le goudron ou les pistes desservent maintenant toutes les zones habitées, ce qui n’est pas une mince affaire. Routes et pistes font parfois de larges détours pour éviter le sable. Le progrès engendré est colossal. Outre le confort procuré par l’électricité et la rapidité d’accès, c’est une possibilité d’avenir qui est offerte aux populations. Désormais on peut pomper l’eau, donc produire et exporter rapidement la production, quelle soit maraîchère ou qu’il s ‘agisse de dattes. Les fonctionnaires rechignent moins  à venir y travailler (enseignant, corps médical…). Bref, les oasis ne sont plus des « trous » ou croupit une population attachée à son erg. Et bientôt le téléphone et internet grâce à la fibre optique ! Les palmeraies sont propulsées dans le XXI° siècle, ce qu’attendaient les populations oasiennes qui avaient farouchement refusé d’abandonner leur sable natal.</p>
<p> </p>
<p><strong>La population</strong> est composée dans l’ordre d’apparition par des Berbères Zénètes, des Arabes et des Haratines qui sont d’anciens esclaves. Ou plutôt d’anciens « serviteurs » qui ont été « embauchés » pour travailler sur une caravane provenant du Sud et qui une fois arrivés dans l’erg se sont trouvés bien démunis. Alors le chef de la caravane les a troqués à un paysan qui avait besoin de main-d’œuvre dans sa palmeraie. Depuis, les haratines sont restés les jardiniers des oasis dont ils sont rarement les propriétaires. Les juifs, autrefois nombreux ne sont plus présents.</p>
<p> </p>
<p><strong>Les caravanes</strong> qui commerçaient à travers le Sahara ont bien sûr éviter l’obstacle que représente l’erg, mais elles le longeait par l’Est ou l’Ouest. Les bords de l’erg ont donc été sur des routes commerciales importantes. Ici, on s’alimentait dans le Nord d’où l’on importait le blé, mais également dans le Sud d’où venaient les chameaux et les moutons. En échange, on exportait les dattes, des vêtements et les tapis de Fatis qui était la plus grande oasis. Les dernières vraies caravanes commerciales datent des années 50, vite dépassées par le trafic routier. Aujourd’hui, les chameaux sont assez peu employés, d’ailleurs on en rencontre peu. Ceux qui travaillent portent les dattes des palmeraies mal desservies jusqu’au bord de l’erg, ou vont chercher le bois dans certaines zones de l’erg où l’on en trouve encore, toujours plus loin. Le bois, il est encore un peu utilisé. Par celui qui est dans l’erg, car il faut se chauffer mais également par les sédentaires qui, s’il apprécient le gaz au quotidien pensent néanmoins que « le thé sur le gaz ce n’est pas pareil. Ca chauffe trop vite, ça donne un mauvais goût. ». Donc, pour le thé-tradition, l’énergie traditionnelle. </p>
<p> </p>
<p><strong>Chameaulogie locale</strong> : quelques particularismes locaux. Au pâturage, les chameaux sont libres. Le propriétaire ne s’en préoccupe que s’il en a besoin ou si une femelle doit mettre bas. Ainsi, les chameaux assoiffés vont au puit et celui qui les voit les abreuve. On monte ici à l’arrière de la bosse, sur le bât qui est rembourré en fibres de palmier. La renne s’appelle <em>guid</em>, l’entrave au genou qui bloque le chameau baraqué <em>lagal</em>, le chameau <em>alom</em>.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/damienparisse.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/damienparisse.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/damienparisse.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/damienparisse.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/damienparisse.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/damienparisse.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/damienparisse.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/damienparisse.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/damienparisse.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/damienparisse.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/damienparisse.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/damienparisse.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/damienparisse.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/damienparisse.wordpress.com/6/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=6&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://damienparisse.wordpress.com/2008/10/16/reconnaissance-dans-le-grand-erg-occidental-hiver-2003/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/9b3461283792b8eea9926a62b85f35e4?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">damienparisse</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Essai 2</title>
		<link>http://damienparisse.wordpress.com/2008/10/15/hello-world/</link>
		<comments>http://damienparisse.wordpress.com/2008/10/15/hello-world/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 14:57:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damienparisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Les points forts :  un nouvel itinéraire au coeur du Hoggar. Grande diversité d&#8217;environnements et de paysages, très à l&#8217;écart des circuits classiques. Une traversée de zones de grandes nomadisations des Touaregs du Hoggar.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=1&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les points forts : </p>
<p>un nouvel itinéraire au coeur du Hoggar.</p>
<p>Grande diversité d&#8217;environnements et de paysages, très à l&#8217;écart des circuits classiques.</p>
<p>Une traversée de zones de grandes nomadisations des Touaregs du Hoggar.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/damienparisse.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/damienparisse.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/damienparisse.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/damienparisse.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/damienparisse.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/damienparisse.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/damienparisse.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/damienparisse.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/damienparisse.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/damienparisse.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/damienparisse.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/damienparisse.wordpress.com/1/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/damienparisse.wordpress.com/1/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/damienparisse.wordpress.com/1/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=damienparisse.wordpress.com&amp;blog=5185435&amp;post=1&amp;subd=damienparisse&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://damienparisse.wordpress.com/2008/10/15/hello-world/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/9b3461283792b8eea9926a62b85f35e4?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">damienparisse</media:title>
		</media:content>
	</item>
	</channel>
</rss>
